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Photo : Pêcherie traditionnelle sur le haut Maroni, ©WIld Legal

  FICHE DE SYNTHÈSE   

ORPAILLAGE ILLÉGAL ET

ALIMENTATION.

 

Un désastre

alimentaire

.

La pollution des écosystèmes par le mercure lié aux activités d’orpaillage est un vecteur de contamination des poissons piscivores et des habitants de Guyane dont le régime alimentaire est constitué en grande partie de ces poissons. En effet, l’accumulation du mercure le long des chaînes alimentaires conduit à des concentrations très supérieures aux normes sanitaires préconisée par l’Organisation mondiale de la Santé (l'OMS recommande de ne pas consommer de poissons contenant plus de 0,5mg de mercure par kilogramme).

Les amérindiens Wayana pratiquant la pêche de subsistance dans le fleuve Maroni et ses affluents, sont donc particulièrement impactés par la pollution au mercure.  Désormais dénués de cette ressource principale de subsistance, et alors que, par ailleurs, le gibier environnant se voit décimé par les quelques 10 000 orpailleurs braconnant le territoire guyanais de long en large, ils font face seuls, progressivement privés de vivres.

Photo : Gibier de subsistance chassé en Guyane, ©Wild Legal

Chiffres-clés.

 

72%

[DU MERCURE DANS LES PRINCIPALES SOURCES D'ALIMENTATION]

72% des apports en méthylmercure sont assurés par seulement 4 espèces piscivores : Huluwi, Aïmala-aïmara, Mitala, Piraïe, espèces au cœur de l'alimentation des populations locales.

11

[ARRÊTÉS D'ESPÈCES PROTÉGÉES]

11 textes, soit autant d'arrêtés bafoués par les prises quotidiennes des orpailleurs illégaux, qui, au delà de leurs activités  de déforestation, déciment de manière indifférenciée la faune du territoire, que ce soit les reptiles (prises d'oeufs et chasse), les oiseaux, ou les mammifères.

90%

[D'HABITANTS INTOXIQUÉS]

En 2015, selon WWF, 90% des populations du Haut Maroni avaient un taux de mercure supérieur à la norme admise.

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MANGER,

BOUGER ?

 
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Enjeu

 ENJEU N°1 

Accès à une alimentation

saine et disponible

Selon le Comité sur les droits économiques, sociaux et culturels, dans son observation générale n° 12 :

« Le droit à une alimentation adéquate est réalisé lorsque chaque homme, chaque femme et chaque enfant, seul ou en communauté avec autrui, a accès à tout instant, physiquement et économiquement, à une alimentation adéquate ou aux moyens de se la procurer. »

Ainsi, les États doivent donner effet à ce droit. Pour que ce droit soit respecté, la nourriture doit être disponible (en quantité suffisante pour l’ensemble de la population), accessible de façon stable et régulière (chaque personne doit pouvoir se procurer de la nourriture), salubre (consommable et hygiénique). Les générations futures doivent également pouvoir bénéficier de ce droit. Tout apport de mercure porte ainsi atteinte au droit à l’alimentation.

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 ENJEU N°2 

Souveraineté alimentaire

Selon la Déclaration de Nyéléni, la souveraineté alimentaire est le droit pour les peuples de définir leurs propres politiques et stratégies de production, distribution et consommation de nourriture dans le respect de leurs cultures et de leur système de gestion des ressources naturelles.

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones affirme plusieurs droits essentiels à la souveraineté alimentaire que sont, entre autres, le droit de disposer en toute sécurité de leurs propres moyens de subsistance et de développement et de se livrer librement à toutes les activités économiques, traditionnelles ou autres, le droit à la préservation et à la protection de leur environnement et de la capacité de production de leurs terres, territoires et ressources, et le droit de définir et établir des priorités et stratégies pour la mise en valeur et l’utilisation de leurs terres ou territoires et autres ressources. 

Or, la contamination de l’environnement en Guyane et notamment des milieux aquatiques mets en péril le droit des peuples autochtones à la sécurité alimentaire. 

En outre, il a été relevé de nombreuses fois qu'imposer une alimentation “occidentale” ne serait pas souhaitable. Au contraire, il apparaît fondamental de préserver aux populations autochtones tant l'identité culturelle existant à travers leur alimentation que l'indépendance financière se dégageant de leur autonomie alimentaire, fondée par leur capacité de symbiose avec la forêt primaire.

Enjeu

 
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Droits cruciaux

de cette campagne.

DROIT À L'ALIMENTATION

DROIT DES PEUPLES AUTOCHTONES

DROIT À

UN ENVIRONNEMENT SAIN

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Enjeu

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 ENJEU N°3 

Diminution du mercure et prévention

La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), dans un avis sur le droit à un environnement sain de 2017, estime que la prévention du risque sanitaire implique de réduire la consommation de poissons carnivores présentant des niveaux élevés de contamination. Elle souligne pour cela qu’un travail de sensibilisation à l’intention des populations doit être mené et qu’il convient de collaborer avec celles-ci pour identifier des solutions alimentaires alternatives qui soient culturellement appropriées.

Ainsi, la prise en compte du mode de vie des habitants fondé sur la pêche, un travail avec ces populations et un suivi sanitaire sont primordiaux; d’autant que ces changements de consommation doivent permettre de maintenir un bon état nutritionnel de la population.

Actuellement, seules des mesures de prévention sont mises en œuvre pour tenter de sensibiliser les Wayana à la dangerosité de la contamination au mercure. Les femmes enceintes sont surveillées et bénéficient de conseils alimentaires afin d’éviter que le fœtus ne soit atteint par une contamination trop régulière de poisson infecté. Des affichages sont par ailleurs mis en place dans les dispensaires.

Il ressort néanmoins des conclusions scientifiques et des circonstances locales, que les mesures de prévention actuelles ne sont pas suffisantes pour protéger efficacement les Wayana qui portent seuls la charge mentale et financière de trouver une alimentation de substitution.

Illustration : Village du haut maroni, ©Wild Legal

Notre demande.

" ASSISTANCE ALIMENTAIRE IMMÉDIATE AUX AUTOCHTONES, ET ACCOMPAGNEMENT VERS UNE NOUVELLE AUTONOMIE. "

 
 

Nos propositions.

01

Mettre en place un dispositif de concertation avec les habitants, des scientifiques, des médecins et les pouvoirs publics afin d’élaborer des solutions locales visant l’autonomie alimentaire.

02

Mettre en place des enquêtes régulières pour vérifier l’évolution de la situation sanitaire et alimentaire.

03

Soutenir sur le court, moyen et long terme les projets communautaires d’autonomie alimentaire visant à atteindre une nouvelle forme de résilience alimentaire sur leur territoire.

04

Fournir une aide alimentaire de substitution, pour les cas nécessitant une modification urgente du régime alimentaire dans l’attente de mesures prises à long terme. Cela pourra être nécessaire en cas de dépassement des seuils admissibles chez une personne, lorsque celle ci est dépourvue de ressources financières suffisantes pour remplacer le poisson pêché localement par une autre source de protéine dans son régime alimentaire quotidien.

En savoir plus.

Bientôt plus de matériels ici.