🛑 Projet Pure Salmon : une mobilisation inédite pour protéger l’estuaire de la Gironde
- 19 janv.
- 4 min de lecture

Depuis plusieurs semaines, un projet d’ampleur inédite suscite une mobilisation massive des habitant·es, des pêcheur·ses, des scientifiques et des organisations de la société civile : l’implantation, près de l’estuaire de la Gironde, de ce qui serait le plus grand élevage terrestre de saumons au monde, porté par l’entreprise Pure Salmon.
Ce projet prévoit la production de 10 000 tonnes de saumon par an, via un système d’aquaculture industrielle en recirculation (RAS), dans un territoire estuarien d’une richesse écologique exceptionnelle, déjà soumis à de fortes pressions environnementales.
Pour en savoir plus, consultez les informations sur le site de Seastemik et sur le site de Usines de saumon non merci !
📣 Une enquête publique en cours : chacun·e peut encore s’exprimer
L’enquête publique est ouverte depuis le 15 décembre 2025 à 9h et sera close le 19 janvier 2026 à 16h.
La participation est déjà historique, avec une très large majorité d’avis défavorables, traduisant un rejet massif et argumenté de ce projet par le territoire.
🤝 Une coalition large d’organisations mobilisées
Face aux risques environnementaux, climatiques, sociaux et démocratiques que pose ce projet, 25 organisations nationales et locales se sont réunies pour demander l’abandon du projet Pure Salmon et, plus largement, un moratoire sur les fermes-usines de saumons en France.
Cette coalition rassemble :Seastemik, 1Ocean, Anima, AVF (Association Végétarienne de France), Bloom, Blutopia, Data For Good, Estuaire 2050, Fondation pour la Nature et l’Homme, Gaia, Greenpeace France, La Fraie Sauvage, Ligue des droits de l’Homme, Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), L214, Longitude 181, Oxfam, Pays Royannais Environnement, Pleine Mer, Sea Shepherd France, Solagro, Under The Pole, Usines de Saumons Non Merci, Wild Legal, Welfarm.
Cette diversité d’acteur·rices — environnement, droits humains, protection animale, alimentation, recherche, territoires — montre à quel point les enjeux dépassent la seule question technique de l’aquaculture : c’est un choix de modèle de société et de relation au vivant qui est ici en débat.
⚖️ La position de Wild Legal : défendre les droits des écosystèmes
Wild Legal a déposé un avis défavorable dans le cadre de cette enquête, en s’appuyant sur une approche fondée sur les droits de la Nature, la protection des droits de l’estuaire de la Gironde, de la démocratie et du principe de précaution.
Aux côtés de la SEPANSO, nous avons déjà engagé des recours pour protéger cet estuaire unique — notamment seul habitat de reproduction au monde de l’esturgeon européen — face à l'extraction industrielle de granulats marins. Nous ne voulons pas de l’implantation d’une industrie d’élevage intensif de poissons reposant sur l’exploitation accrue des ressources marines et une artificialisation massive du territoire.
Depuis 2021, Wild Legal s'est engagé aux côtés de nombreux acteurs de Gironde pour faire vivre le collectif des Gardiennes et Gardiens de Garonne. Plus de 25.000 personnes ont signé notre appel pour les droits du fleuve ! Nous continuerons à agir tant que les droits de ce territoire ne seront pas reconnus et protégés.
👉 Vous trouverez ci-dessous l’avis complet de Wild Legal, déposé dans le cadre de l’enquête publique, que vous pouvez librement reprendre, adapter et relayer dans vos propres contributions.
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🛑 Avis de l’association Wild Legal — Projet Pure Salmon (estuaire de la Gironde)
L’association Wild Legal, engagée pour la reconnaissance et la défense des droits de la Nature, émet un avis défavorable au projet d’implantation de l’usine d’aquaculture industrielle « Pure Salmon » près de l’estuaire de la Gironde.
L’estuaire de la Gironde : un écosystème titulaire d’intérêts propres
L’estuaire de la Gironde n’est pas un simple espace disponible pour des activités industrielles. C’est un écosystème vivant, aux fonctions écologiques essentielles, dont dépendent directement la biodiversité, les activités humaines locales et l’équilibre du littoral atlantique.
Wild Legal, aux côtés de la SEPANSO, a engagé un recours contentieux pour la protection de l’estuaire, face à l’exploitation de granulats marins, afin de défendre cette zone unique, qui constitue notamment le seul habitat de reproduction au monde de l’esturgeon européen, espèce en danger critique d’extinction.
Reconnaître les droits de la Nature, c’est admettre que ces milieux ont des droits fondamentaux à exister, à fonctionner, à se régénérer et à ne pas être dégradés par des activités disproportionnées, indépendamment des seuls intérêts économiques à court terme.
Un projet incompatible avec la protection du vivant
Le projet Pure Salmon prévoit une production de 10 000 tonnes de saumon par an, avec jusqu’à 3 millions de poissons élevés simultanément dans des bassins hors-sol via un système d’aquaculture en recirculation (RAS), encore peu éprouvé à cette échelle.
Présenté comme « durable », ce modèle déplace en réalité les pressions écologiques : il accentue la surpêche pour l’alimentation des saumons, augmente la dépendance aux protéines végétales issues de la déforestation, consomme massivement de l’énergie et génère des effluents dont le traitement et les rejets font peser des risques directs sur les nappes et sur l’estuaire.
Il est incohérent de prétendre protéger les populations de poissons sauvages et les écosystèmes estuariens tout en développant, à proximité immédiate, une industrie d’élevage intensif de poissons carnivores, dont le fonctionnement repose précisément sur l’exploitation accrue des ressources marines.
Un dossier entaché de graves lacunes démocratiques et scientifiques
Le projet repose sur des prélèvements massifs d’eau, alors même que le rapport du BRGM de février 2025, essentiel pour évaluer l’impact sur les nappes phréatiques, n’a pas été communiqué au public pendant l’enquête, et conclut à l’absence de validation des paramètres utilisés et à une sous-évaluation importante des besoins réels.
Ce défaut d’information porte atteinte au droit à la participation du public garanti par la Charte de l’environnement et la Convention d’Aarhus, et empêche toute appréciation éclairée des risques environnementaux.
Conclusion : appliquer le principe de précaution et respecter les droits des écosystèmes
Dans un territoire déjà fragilisé par les pressions industrielles et climatiques, l’implantation du plus grand élevage terrestre de saumons au monde constitue un choix de développement incompatible avec la protection du vivant et les engagements écologiques de la France.
Le principe de précaution impose de ne pas autoriser un projet aux impacts incertains, potentiellement irréversibles, dans un écosystème aussi stratégique que l’estuaire de la Gironde.
Pour toutes ces raisons, Wild Legal demande le refus du projet Pure Salmon, et appelle à soutenir des politiques alimentaires et économiques réellement compatibles avec la préservation des droits des écosystèmes, des êtres vivants qui les peuplent et des générations futures.

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