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Orpaillage illégal en Guyane : Les femmes en ligne de front contre la pollution au mercure

Dernière mise à jour : 9 mars 2023


Depuis 2014, l’Association des femmes victimes du mercure (ADVM) a pour but de regrouper et de défendre les victimes du mercure, en les informant sur les moyens permettant de faire valoir leurs intérêts matériels et moraux, vis-à-vis du préjudice sanitaire causé par l’orpaillage illégal.


Victimes du mercure


Depuis les années 80-90, l’utilisation du mercure dans les activités d’orpaillage illégal a entraîné une contamination importante des écosystèmes terrestres et aquatiques amazoniens. En 40 ans, on estime que ce sont des centaines de tonnes de mercure qui ont été déversées dans l’environnement, en particulier dans la zone du Haut-Maroni, où vit notamment le peuple wayana.


Extrêmement toxique, ce mercure finit par se retrouver dans les assiettes des communautés en plus de mettre en péril les écosystèmes qui les hébergent.


C’est ainsi qu’au sein de la population wayana, le taux de mercure relevé est bien plus élevé qu’en moyenne, entraînant un véritable problème de santé publique, notamment chez les femmes enceintes et les jeunes enfants. Cela est dû au mode d'alimentation traditionnel des wayanas, à base de poissons dont la chair présente de fortes teneurs en mercure.


Alors que 10 μg de mercure par gramme de cheveux est la limite sanitaire recommandée par l'OMS, les premières études en 1994 sur la pollution au mercure en Guyane révèlent que la contamination atteint les 12 μg/g en moyenne dans la population wayana.


L’Association des Femmes Victimes du Mercure contre les carences des pouvoirs publics

Linia Opoya, présidente de l’Association des Femmes Victimes du Mercure

Au village Taluen, dans la région du Haut-Maroni, en Guyane française, Linia Opoya est un pilier de la communauté wayana. À 42 ans, elle est une des dernières potières du village, pratiquant cet art ancestral des wayanas de Guyane depuis près de 20 ans. Ses créations sont visibles notamment chez l’association Gadepam.


Entre deux poteries, l’artiste autochtone et mère de trois enfants est aussi une véritable cheffe de rang dans la lutte contre les “Garimpeiros”, les chercheurs d'or illégaux sur le Haut-Maroni. En 2014, elle crée et devient présidente de l’Association des Femmes Victimes du Mercure (ADVM).


Face à la carence fautive de l’État dans la lutte contre l’orpaillage illégal et dans la protection de la santé du peuple wayana, l’ADVM a pour but de représenter ses adhérents auprès des autorités publiques, afin de faire valoir leurs droits face au préjudice sanitaire. L’association agit en particulier pour la mise en œuvre d’une politique de prévention, de santé publique et de réparation des dommages liés au mercure.


Lutter mèche par mèche contre l’orpaillage illégal

En 2019, l’Association des Femmes Victimes Mercure du village de Taluen a procédé avec l’aide du Suriname Indigenous Health Fund, de l’Organisation des Nations Autochtones de Guyane et de Wild Legal, à des tests du mercure sur un premier panel de 10 personnes.


Les résultats de 2019 ont montré que le seuil des adultes testés allait de 6 µg/g à 14 µg/g.


Ces tests vont servir à constituer des preuves au danger de l'orpaillage illégal pour la santé et le droit à un environnement sain des habitants du Maroni.


Au mois de février 2023, Wild Legal a rejoint Linia Opoya sur le Haut Maroni afin d’acheter une pirogue avec le soutien du Suriname Indigenous Health Fund pour mener une campagne de test. En 3 jours, 15 personnes ont participé aux prélèvements avec l’Association des femmes victimes du mercure. Ces prélèvements ont été envoyés aux laboratoires partenaires aux Etats-Unis et au Japon.


En cette journée internationale des droits des femmes, Wild Legal rend hommage et remercie Linia et toutes les femmes mobilisées pour faire valoir leurs droits et ceux du fleuve, contre le fléau des activités minières illégales sur le Maroni !



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