Guyane, notre contribution pour une nouvelle politique de l'eau


Document essentiel en matière de protection de l'eau, le SDAGE (schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau) est un document définissant les grandes orientations pour la politique de gestion de l'eau sur l'ensemble du territoire de la Guyane. Une consultation publique s'est tenue entre le 18 septembre et le 31 mars 2022 dans le cadre de sa révision pour les six prochaines années (2022-2027). Découvrez la contribution portée par Wild Legal et ses partenaires, Maiouri Nature Guyane et Solidarité Guyane.


Intégrer la reconnaissance des droits de la Nature dans le droit existant, c'est possible! Avec Wild Legal, nous travaillons activement à montrer qu'un autre modèle juridique est possible, au niveau local, régional et national. Découvrez dans ce document une réécriture du SDAGE intégrant pleinement le droit à la santé, le droit à la régénération et à la restauration des écosystèmes et bien d'autres droits fondamentaux indispensables pour assurer la préservation des milieux aquatiques et instaurer un nouvel équilibre entre activités humaines et fonctionnement du Vivant.


Projet de SDAGE 2022 2027 + annexe
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Synthèse de l'avis :


Le présent avis de Wild Legal et de ses partenaires porte sur le projet de schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE) 2022-2027 du district de Guyane. Les parties prenantes félicitent les auteurs du projet pour les travaux réalisés et tiennent à présenter des propositions inspirées du mouvement pour les droits de la nature.


Celui-ci prône une déconstruction du modèle juridique anthropocentré (c’est à dire centré sur les besoins humains) afin d’adopter un positionnement bioperspectiviste considérant la nature et les éléments qui la composent comme sujets de droit, titulaires de droits fondamentaux propres et adaptés. Nouvelle Zélande, Equateur, Australie, Inde, de nombreux États ont d’ores et déjà adopté cette réflexion et revoient ainsi leur droit à travers un prisme nouveau, à la recherche d’un équilibre entre activités humaines et protection du Vivant.


Cette approche est d’autant plus importante à soulever ici, que dès le Préambule du projet de SDAGE, Wild Legal met en évidence un choix des mots et une vision utilitariste, capitalisant sur les services écosystémiques des milieux aquatiques. Une vision à la fois étrangère à l’esprit de la loi et aux droits de la nature que l’association propose donc d’intégrer.


Plus avant et pour concrétiser ce préambule, Wild Legal propose également une reformulation des objectifs et principes de préservation des milieux aquatiques afin de transposer les droits de la nature -le droit à la santé, le droit de ne pas être pollué, le droit à la restauration et bien d’autres- dans le SDAGE, inspiré par la Déclaration des droits des rivières du Earth Law Center.


Pour finir, l’association insiste sur ses propositions de refonte de la gouvernance en matière de préservation et de défense des milieux aquatiques face aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes de Guyane. Wild Legal formule plusieurs scénarios visant à structurer un organe dédié ou renforcer les Conseils des fleuves tout en revoyant la manière dont les institutions existantes, PAG, CTG et autres associent activement les habitant-es, peuples premiers et communautés locales afin de garantir une gestion partagée.


Protéger les droits des milieux aquatiques nécessite d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la Guyane, de protéger et de valoriser le lien intime entre ses peuples et sa richesse bleue. Reconnaître les droits des fleuves, des rivières, des criques, c’est aussi donner une nouvelle place aux Gardiennes et aux Gardiens de ces écosystèmes qui garantissent la protection de ce patrimoine naturel millénaire. Wild Legal et ses partenaires s’engagent à soutenir et accompagner ce changement de paradigme juridique et social, pour une société en harmonie avec le Vivant.


Pour toute question : contact@wildlegal.eu